CR U2B 2020

Modérateur: Equipe Comptes rendus

CR U2B 2020

Messagede amonere le Lun 20 Juil 2020 22:05

CR Ultra Boucle des Ballons 2020 (écrit sur un coin de table vite fait)

204 km, 4800 m D+.
Départ samedi 11 juillet à 5h30 de Munster.
Temps limite 37h.

CP1 - 19 km - Lac Noir – BH à 9h00 (3h30 de course, 5.43 km/h)
CP2 - 40 km - route du Hohneck - BH à 12h00 (6h30 de course, 6.16 km/h)
CP3 - 62 km - Kruth - BH à 15h30 (10h de course, 6.2 km/h)
CP4 - 83 km - Saint-Maurice-sur-Moselle - BH à 19h00 (13h30 de course, 6.15 km/h)
CP5 - 102 km - Pont sur l'Alfeld - BH à 23h00 (17h30 de course, 5.83 km/h)
CP6 - 120 km - Bourbach-le-Haut - BH à 1h30 (20h de course, 6 km/h)
CP7 - 141 km - Uffholtz - BH à 5h30 (24h de course, 5.88 km/h)
CP8 - 162 km - Grand Ballon - BH à 10h00 (28h30 de course, 5.69 km/h)
CP9 - 183 km - Sondernach - BH à 14h30 (33h de course, 5.55 km/h)
Arrivée - 204 km - Munster - BH à 18h30 (37h de course, 5.52 km/h)


profil U2B 2020.jpg
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(ci-dessous j'ai mis le départ et les arrivées aux CP en gras pour faire des repères, car le CR est relativement long :mrgreen:)

Je me suis inscrit à l’U2B à l’arrache, le samedi 4 juillet alors que le départ a lieu le samedi 11. Je n’ai pas couru le moindre kilomètre depuis 4 mois, depuis la dernière course à laquelle j’ai participé, un petit trail de 46 km début mars. Je vais être obligé de m’entraîner un minimum dans la semaine qui reste si je veux avoir une chance de finir. Ça me fait un gros pincement au cœur, car par la même occasion, je vais mettre fin à une jolie série de 2154 jours sans m’entraîner, ma dernière sortie footing remontant au 11/08/2014. Je ne sais pas trop ce qui m’avait pris à l’époque.

Mon entraînement pour cet U2B s’est finalement résumé à 3 séances. J’aurais aimé en faire 5, une chaque jour du dimanche au jeudi, mais je n’ai pas pu courir le mercredi et le jeudi, trop de choses à préparer. 1ère séance le dimanche 5 juillet avec une vingtaine de kilomètres courue en 2h15, alors que sur le même parcours lors de mon dernier entraînement du 11/08/2014, j’avais mis 2h04. Comme tout le monde, je vieillis...

2ème séance, 20 km de vélo elliptique le lundi 6. Et 3ème séance, 22km courus en 2h22 le mardi 7. On peut donc plus parler de réveil musculaire, plutôt que de réelle préparation. Dans les derniers kilomètres de ma 3ème séance, j’ai ressenti des douleurs aux métatarses. De quoi flinguer le moral d’avoir mal aux pieds après seulement 20 km, alors que je prétends en courir 204. J’ai pris quelques kilos et mes Saucony n’amortissent sûrement pas assez. Ça fait tellement longtemps que je n’ai pas couru de course au-delà des 200 km sur route, que je n’ai plus de Hoka en bon état, les Hoka ayant un meilleur amorti. Je me décide à investir en catastrophe le mercredi, normalement ma paire neuve sera livrée le vendredi, avec un peu de chance le matin, juste à temps pour que je puisse la récupérer en sortant du boulot.

Le vendredi, fin de journée de travail à 13h30, et 8h15 de route au moins depuis la Vendée, je vais donc arriver à Munster à l’arrache là aussi, quelques heures avant le départ. Coup de bol, mes chaussures sont bien arrivées, le temps de les récupérer après le boulot et de régler quelques impératifs, je ne prends la route qu’à 15h00. Avec les ralentissements, en région parisienne notamment, je n’arrive à Munster qu’à 00h10 (au départ de la course je vais trouver pire que moi, Alexandre Forestieri est arrivé à 3h00). C’est pratique, le départ a lieu juste à côté d’un parking. Le temps de m’installer dans ma voiture, je me couche à 00h30. Comme d’habitude, je mets le réveil 1h avant le départ, fixé ici à 5h30, ce qui me fait moins de 4h de sommeil. Au réveil ça ne tire pas trop. A la lumière de sa frontale, quelqu’un trafique quelque chose dans sa voiture garée quelques mètres à côté de la mienne. Difficile de le reconnaître dans l’obscurité, d’autant plus que je ne connais pas tous les participants. Je vais finalement le saluer et nous échangeons quelques mots, il s’agit de Patrick Maccari, il a l’intention de tout faire en marchant. Je retourne me préparer, le temps passe vite. Il n’y a pas de dossard et donc pas de retrait de dossard, ça fait quelques minutes de gagnées. Il faut néanmoins se présenter sur la ligne de départ au plus tard à 5h15. J’y serai à 5h20, pas trop mal, 5 minutes de retard. Je croise les organisateurs, Christophe qui était à ma recherche et Nathalie, qui s’occupe de prendre en charge mon unique drop bag que j’ai prévu pour le CP à mi-distance, 102 km. On pouvait en prévoir un à chacun des 9 ravitaillements placés environ tous les 20 km, mais la météo étant annoncée clémente, je n’en ai prévu qu’un, contenant une paire de chaussures dans l’éventualité où les Hoka que j’ai aux pieds poseraient problème, une fine polaire, un tube de crème anti-frottements dont je ne me sers jamais, mais au cas où, et un réapprovisionnement en pâtes de fruits. Au départ je retrouve de nombreux visages familiers, ça fait bizarre de revoir tout ce beau monde. Un bénévole, Guillaume B., vient me saluer. Je lui demande si JB, un coureur qui est fâché contre moi, boude toujours, il me répond que si je vais le voir, oui c’est sûr, il va faire la gueule. Je repère JB et tente une approche pour le saluer juste avant le départ, mais il est avec Françoise et Angel Pallaruelo, je préférerais l’attraper quand il est tout seul. Guillaume me voit hésiter et marmonne quelque chose : "Mouais, non, vaut peut-être mieux éviter". Donc j’évite... Pour l’instant. Christophe nous donne les dernières recommandations, et, ému, dit un petit mot à propos d’Emmanuel, un coureur qui a participé à la 1ère édition un an auparavant, et est décédé depuis. Sa femme et sa fille seront bénévoles sur la course.

Le départ est donné, il me semble que JB et Angel partent en tête ensemble. Je pars tout doux. Il faut que je profite de la compagnie du peloton car il se pourrait bien que je ne revois pas grand monde avant l’arrivée. Ayant pris le départ avec des chaussures neuves, je ne les ai pas du tout serrées, le temps qu’elles s’assouplissent. Vraiment un coup de bol que j’ai pu les avoir à temps, c’est bien appréciable cet amorti. Encore dans Munster, je fais une 1ère halte resserrage de lacets. Certains coureurs me doublent, dont le bien connu Gilles Pallaruelo qui me salue chaleureusement en continuant à courir. Je ne le reverrai pas avant l’arrivée.

Rapidement la 1ère montée arrive. Je suis dans les 5 derniers, je vais effectuer quasiment toute la montée en marchant, en papotant avec Mimi Chevillon et Christian Roïk, un peu aussi avec Ozdem Yilmaz. Je rencontre ces 2 derniers coureurs pour la première fois. Mimi a terminé la MiL’KiL 2 semaines et demi plus tôt, ces 200 km ne doivent être qu’un simple décrassage. Christian me confirme que je suis le bienvenu sur une course sur route de 205 km qu’il veut organiser en avril 2021 en Seine-et-Marne, l’Ultrabellifontain. Réjouissante nouvelle!

Même si j’ai envie de courir et de suivre le peloton en ce début de course, je me dis que ce départ à la marche est plus raisonnable, ça fera office de préchauffage en douceur, il ne faut pas brusquer la machine, qui n’est pas entraînée. J’abandonne Mimi et Christian pour retrottiner, juste dans le but de rattraper JB et enfin lui dire un petit mot, j’ai vu qu’il n’était pas très loin. Dans les lignes droites je l’aperçois au loin, il est facilement reconnaissable avec sa tenue rose. Juste avant JB, je rattrape William Pillas, rencontré sur le spartathlon en 2016. On discute un peu, et c’est reparti à la chasse au JB. Je ne me trouve plus qu’à quelques mètres derrière lui lorsque nous arrivons au sommet de la première montée, au 11ème km. Le vidéaste David Antoine et d’autres "supporters" se trouvent là. "Aller JB!", lance David. Puis quelques secondes plus tard, "Aller Charles!". Zut, à tous les coups JB a entendu, je vais rater mon effet de surprise. Je le rattrape finalement sur le court plateau avant d’attaquer la descente, je le salue en joignant le geste à la parole, avec un petit signe de la main, et lui demande si tout se passe bien. Il me regarde un 1/4 de seconde en coin, puis regarde à nouveau devant lui comme si de rien n'était, sans rien dire. Pas de doute, il boude toujours. Je le laisse donc tranquille et poursuis ma course. Quelques dizaines de mètres plus loin se trouve Françoise Pallaruelo qui encourage les coureurs depuis un parking, nous nous saluons de loin. Dans la descente, je rattrape Alexandre Forestieri et May-Yen Gasao, sa compagne il me semble. Alex aussi vient de terminer la MiL’KiL il y a 2 semaines et demi. Je les abandonne juste à la fin de la descente pour m’enfoncer de quelques mètres dans la forêt, pause technique. N’ayant pas pris beaucoup d’avance sur mes poursuivants, je vais pouvoir redire un mot à JB lorsqu’il me rattrapera, je prends donc le temps de faire ce que j’ai à faire tout en guettant son passage. J’hésite encore sur ce que je vais lui dire. "Aller JB, on relance!", ou "fais pas la gueule JB, la vie est belle". Je vois défiler tous les coureurs que j’ai côtoyés dans la montée y compris ceux qui étaient derrière lui, mais pas de JB en vue, bizarre... Il a dû s’arrêter discuter avec Françoise, je me décide donc à repartir. Un peu plus loin, je suis doublé par Gérard Denis qui a l’intention de faire tout le parcours à trottinette (et il va réussir).

Arrivé au CP1, je n’en reviens pas d’être déjà rendu au 19ème km, au point que je demande à un bénévole si on se trouve bien à ce kilométrage, ce qu’il confirme. Je n’ai pas vu le temps passer, le fait d’avoir discuté sûrement. Ce bénévole qui m’a répondu, c’est Patrick, un des 4 patrouilleurs (ces bénévoles en voiture qui tout au long de la course viendront à la rencontre des coureurs pour s’assurer que tout le monde va bien, et qui éventuellement les ravitailleront).

2h34 de course, 7.4 km/h, alors que la barrière horaire était à 3h30 de course et 5.4 km/h, je suis large! Une petite heure d’avance sur la barrière horaire, et encore j’ai pris le temps dans la montée. Si je gratte une heure comme ça sur chacune des 10 portions entre CP, ça me fera une dizaine d’heures d’avance sur le temps limite à l’arrivée, soit 27h, royal! Bon, ce genre de projection ça ne marche jamais, mais j’avais quand même envie de la faire.

Déception sur le ravitaillement, l’organisateur Christophe Henriet nous avait communiqué avant la course une longue liste du contenu des ravitos, et là je ne vois quasiment rien, seulement du pain, de l’eau, des fraises tagada, mais rien de salé. Peut-être que le 1er ravito est plus léger que les autres, attendons de voir la suite. Mimi Chevillon arrive un peu après moi et demande si elle peut avoir du saucisson et du fromage. Un bénévole répond qu’il lui amène ça tout de suite. Comment ça?!? Une partie du ravito est en fait rangée dans une glacière, je ne savais pas. Me voilà rassuré. Du coup je demande la même chose que Mimi, il faut bien que quelqu’un l’accompagne.

En consultant la feuille de pointage, un bénévole constate qu’il ne doit plus rester grand monde derrière. Il énumère les coureurs manquants et oublie de citer JB, je lui fais donc remarquer. "Non JB il a abandonné". Coup de massue! Coup de tonnerre! Ce n’est pas possible, je l’ai doublé il y a 1h, et ça avait l’air d’aller. Enfin, le physique avait l’air d’aller. J’ai du mal à me faire à l’idée qu’il a arrêté. Reviens copain! Je comprends mieux pourquoi je ne le voyais pas revenir lorsque je me suis arrêté au bas de la 1ère descente. D’après les bénévoles il aurait abandonné pour cause de lombalgie, pas longtemps après que je l’ai doublé, le coup de grâce peut-être.

Avant de repartir, je recharge le sac en eau, puis une petite bouteille de 50 cl avec de l’eau et du sirop. Je n’ai plus le droit au coca, pendant des années j’ai carburé à ça sur toutes mes courses dans ma bouteille de 50 cl, mais ça me bousillait les dents, donc maintenant interdit. Je repars dernier du ravito, en venant d’apprendre qu’une coureuse avait pris le départ en retard d’environ une heure, car sa batterie de voiture l’avait lâchée. J’ai demandé des infos de la tête de course, une femme, Corinne Gruffaz, est passée deuxième à ce ravito!

Prochain CP dans 21 km. Je n’ai quasiment rien mangé avant le départ en guise de petit-déj, pas grand-chose non plus au CP1, bizarre, je n’ai pas d’appétit. Entre le CP1 et le CP2, je rattrape Mimi, arrivée après moi au CP1 mais repartie avant. Ça grimpe, nous marchons donc ensemble quelques minutes en discutant, puis je la distance avant qu’elle ne me reprenne un peu plus loin, à la faveur d’une pause. Je ne la reverrai plus. Une pause, car j’ai une douleur au niveau d’un gros orteil, j’ai trop de corne et ça commence à me faire mal d’appuyer dessus à chaque pas. Pas de paire de ciseaux sur moi, je suis bien embêté. Alors que j’ai enlevé la chaussure et la chaussette, recherchant en vain une solution, Bernard Chevillon qui accompagne Mimi à vélo arrive, tout sourire comme d’habitude. Je lui expose la situation, il fouine dans ses sacoches, miracle, il a une paire de ciseaux, qui coupe bien en plus, mon sauveur! Je taille mon gros orteil pendant une bonne minute, il y avait de quoi faire. A peine remis debout, ça va déjà mieux. J’informe Bernard que nous sommes derniers mais qu’une coureuse est partie en retard. Il en a entendu parler. D’ailleurs si elle tourne bien, on ne devrait pas tarder à la voir arriver. Alors que je me retourne en repartant pour remercier encore Bernard, je vois la fameuse coureuse retardataire arriver à grandes foulées. Elle a vraiment bien tourné pour être déjà là avec précisément 49 minutes de retard! Tout sourire, fraîche comme la rosée, elle nous passe sur une portion légèrement en descente. Il s’agit de Claire Bannwarth, 31 ans seulement, c’est beau d’être jeune!

De mon côté, plus de douleur à l’orteil, mais plus loin je ressens comme un coup de barre, je n’ai plus l’énergie de trottiner. Jusqu’au CP2, ce n’est quasiment que de la montée ou du plat, et je me trouve bien à marcher. L’appétit revient, maintenant j’ai très faim, je pioche dans mes réserves, babybel et pâtes de fruits, mais ça ne suffit pas. Si je trouvais un foodtruck ou un restaurant rapide qui faisait des sandwichs à emporter, ils auraient certainement ma visite. Je passe à côté d’un petit chalet avec une enseigne "restaurant", mais il est malheureusement fermé, fausse joie. Et toujours ce coup de barre, j’essaye d’alterner marche et course, mais ce n’est pas brillant. Je paye sûrement mon manque d’entraînement et ma petite dizaine de kilos de surpoids accumulée pendant ces 4 mois sans courir. Je me raccroche à l’espoir que le corps va bien finir par se remettre en route et retrouver les sensations habituelles. Je trouve enfin mon bonheur au col de la Schlucht, km 36, de quoi me restaurer, je fais une halte à la brasserie de la Schlucht. Il est environ 11h, j’espère qu’ils pourront me servir quelque chose de salé à cette heure matinale. Je demande à une jeune serveuse très aimable, qui part se renseigner auprès de ce qui semble être la patronne. Cette dernière est bien moins aimable, on dirait que je la dérange alors qu’elle était en cuisine, en pleine préparation du coup de feu du déjeuner. Je demande gentiment s’il est possible de commander un hamburger (proposé dans leur carte) malgré l’heure. Elle me répond un peu irritée que ce n’est pas possible, qu’ils ne peuvent me proposer qu’un sandwich. Ça me va très bien, j’opte pour celui au munster, autant consommer local. "Par contre il faudra attendre un peu, le temps que le pain cuise". Ah, ça ne m’arrange pas ça, je suis dernier et je fais attendre les bénévoles du CP2 qui se trouve à un peu plus de 4 km de là. "Combien de temps à peu près, 1/4 d’heure?", "Oui environ". J’hésite à décommander, mais la patronne va criser si je l’ai dérangée pour rien. Pour patienter, je me prends une bière, 25 cl. A la table d’à côté, ça parle marathon, le marathon du Grand Ballon. Je récupère mon sandwich au bout de 12 minutes, pas trop mal. Je repars et le mange en route bien sûr. Ça va un peu mieux, j’arrive à trottiner la plupart des 4 km qui me séparent du CP2. J’y arrive en 6h03, pour 40km, 6.6 km/h, la moyenne a franchement baissé. La barrière horaire ici est à 6h30 de course, j’ai 27 minutes d’avance seulement, ma petite heure d’avance du CP1 a fondu, et ma projection selon laquelle je gagnerais une heure d’avance sur les barrières horaires à chaque ravito est déjà bien loin.

Je fais un petit stock de nourriture pour rallier le CP3, 2 P’tit Louis, une portion de camembert emballée dans son papier, un petit bâtonnet de saucisson et 2 compotes (les bénévoles nous donnent le choix, pomme nature, pomme-poire, pomme-fraise, pomme-banane, c’est grand luxe). Je repars tout proche de la barrière horaire qui est à midi, c’est affolant le temps que je passe aux ravitos, ici environ 25 minutes. J’ai jeté un petit coup d’œil aux temps de passage des autres participants, le dernier à être passé est une dernière, Mireille Chevillon, 16 minutes avant moi, et elle ne s’est sûrement pas arrêtée 25 minutes, je risque donc de ne pas revoir de coureurs avant un moment. Quelques mètres parcourus et je reconnais deux visages familiers qui viennent dans ma direction, j’ai l’habitude de les voir en photo sur facebook. Olivier Cabrera, vainqueur de la 1ère édition l’année passée, et sa compagne Sandra. Nous discutons quelques instants, ils viennent de faire un aller-retour en courant et ont vu passer tout le monde sauf les 2 premiers.

C’est reparti pour 22 km en direction du CP3, installé dans la commune de Kruth, le plus long intervalle de la course entre 2 CP. Les bénévoles du CP2 m’ont confié que d’après l’organisateur Christophe, c’est chou, Kruth, il me tarde donc d’y être. Et si j’arrive là-bas fatigué, je trouverai bien un moyen de m’asseoir, elle doit être pourvue de bancs, Kruth.

Pas grand-chose à signaler sur cette portion, une belle descente au programme, 13km et 700 m D-. Les cuissots commencent à chatouiller. Je fais une pause d’au moins 10 minutes au milieu de cette descente, je ne sais plus pourquoi, peut-être pour m’étirer. Un peu plus bas je retrouve un des 4 patrouilleurs, Jean-Baptiste dit JB. Je lui prends une banane et lui demande l’écart avec Mimi. Il me reste une dizaine de kilomètres jusqu’au ravito, environ 5 de descente et 5 de plat, et Mimi se trouve déjà sur ce plat. Je pensais avoir plus avancé, je dois avoir environ 45 minutes de retard, je suis vraiment à la rue, encore dans les temps, mais l’avance sur la barrière horaire au CP3 va être mince. A chaque fois que je vais demander l’écart avec Mimi, je serai embêté de constater que j’ai plusieurs dizaines de minutes de retard, je n’aime pas faire attendre les bénévoles, d’habitude j’arrive toujours à me débrouiller pour être au pire avant-dernier ou alors rester au contact de l’avant-dernier. A 4 km du CP, plus d’eau, coup de chance on passe dans un village, Wildenstein, au centre duquel se trouve une fontaine. Eau potable ou pas, tant pis, je prends le risque.

En entrant dans la commune qui accueille le CP3, c’est une succession de petites montées et de descentes. Au niveau de l’allure, ça casse, Kruth (ces petites montées et descentes ont en fait été inventées uniquement pour les besoins de ce savoureux jeu de mot). A quelques dizaines de mètres du CP3, un bénévole vient à ma rencontre, Martial Lanoue, alias Hikaru sur ADDM, je ne l’avais jamais rencontré mais son nom me dit quelque chose, j’ai dû le voir dans les classements de Jean-Benoît Jaouen, car il a participé à une Transe Gaule qu’il n’a pas terminée. Le CP3 et ses 62 km atteint en 9h24, 36 minutes d’avance sur la barrière horaire, 6.6 km/h, même vitesse moyenne qu’au CP2, la descente ne m’a pas profité, c’est un peu inquiétant. Je retrouve May-Yen, sans Alex, elle a abandonné et lui continue. Autant Alex je ne peux pas le voir en peinture, autant May-Yen, ça ferait une belle Kruth (une inimitié pour Alex elle aussi créée de toute pièce, vous l’aurez compris).

Je refais mes stocks en discutant un peu, et repars à nouveau après 25 minutes d’arrêt, 10 minutes seulement d’avance sur la barrière, c’est dingue comme ça passe vite. Direction le CP4, 21 km plus loin. Sur cette section, rien à signaler, peu de souvenirs du parcours. Je retrouve Jean-Baptiste à la fin d’une descente, dans la commune de Bussang. Je pense alors être sur le point d’arriver au ravito, d’après mes calculs et mon ressenti, j’ai mieux tourné que sur les 2 précédentes sections. Mais il m’annonce qu’il reste un petit 5 km, il est plus de 18h00 et la barrière horaire est à 19h00, il ne faut pas traîner. Je n’en reviens pas qu’il reste autant, je prends un petit coup au moral. Une fois que je serai sur une voie verte goudronnée qui commence dans Bussang, il restera 4 km plats jusqu’au ravito. Je n’ai plus d’eau, il me donne une bouteille d’un litre de Saint-Yorre pleine, à garder avec moi à cause du covid. Ses infos m’ont donné un petit coup de fouet, je cours non-stop toute la voie verte, histoire d’avoir un peu le temps de me ravitailler. Arrivée au CP4 et ses 83 km avec 1/4 d’heure d’avance, large. Je crois que c’est le 1er ravito duquel je repars après l’heure de la barrière horaire, une petite dizaine de minutes peut-être. J’ai appris que Corinne Gruffaz était passée seule en tête à ce ravitaillement!

Prochain ravito à 19km, au 102ème km, la mi-distance. Pour y parvenir, 600 m D+ jusqu’au col du Ballon d’Alsace, et 400 m D-. Quand je regarde le profil, que je constate le peu d’avance que je vais avoir sur les barrières horaires au vu des belles montées qui s’annoncent avec les cols du Ballon d’Alsace, du Grand Ballon et du Petit Ballon, avec la nuit qui arrive, mon manque de sommeil et l’envie de faire une sieste qui va venir, je n’ai pas trop le moral. J’ai vraiment les jambes lourdes et ressens le besoin de m’allonger quelques minutes pour les mettre vers le haut. Ça tombe bien, il y a un banc au bord de la route au début de la montée, ça fera un bon appui. Alors que je suis installé, un couple qui se balade arrive vers moi en marchant, je les salue, ils me répondent en riant, amusés par ma position. A peine reparti, c’est alors qu’arrive David Antoine en voiture. Ça fait du bien de le voir, un rayon de soleil. Je l’ai rencontré sur la Transe Gaule en 2013. Je ne m’attendais vraiment pas à le voir si loin à l’arrière de la course. On discute, ça me change un peu les idées, puis il me demande si je veux quelque chose à manger. Je me vois mal aller contrarier cette si sympathique proposition, je suis dans l’obligation d’accepter. Il sort d’une glacière des concombres à la crème et du jambon Serrano, merveilleux! Ça change des ravitos, aussi variés soient-ils. Les concombres sont rafraîchissants, le jambon bien salé, ça fait du bien. J’aperçois une bouteille dans le fond de la glacière, vin blanc, apéritif ou digestif, je ne sais pas. J’abuserais bien de sa bonté en demandant si je peux goûter une rasade, mais j’ai entendu dire que le vin blanc donnerait des crampes. J’ai les cuisses en vrac, je ne peux pas me permettre la moindre aggravation de la situation, étant sur le fil du rasoir niveau barrières horaires, ça pourrait m’être fatal, je préfère y renoncer.

David me propose ensuite d’aller plus loin en voiture pour se préparer à me filmer quelques secondes, "en train de courir" précise-t-il. Sauf qu’on est en montée. Je me fais donc violence lorsque je l’aperçois au loin, pour courir jusqu’à lui en faisant bonne figure. Je poursuis ensuite mon ascension vers le Ballon d’Alsace, là encore peu de souvenirs. Parti 10 minutes en retard du ravito + 10 minutes de pause + quelques minutes passées avec David c’est bien beau, mais il va falloir avancer. Je me suis équipé d’un bâton trouvé au bord de la route pour m’aider à la marche, ça repose un peu. Au bord de la route on trouve également des petites bornes indiquant le nombre de kilomètres restants jusqu’au sommet du col du Ballon d’Alsace, intéressant. J’en profite pour calculer quelle vitesse je peux tenir à la marche aidé de mon bâton, en pressant un peu le pas, en relevant le temps passé entre deux bornes espacées d’un kilomètre chacune. Verdict : une dizaine de minutes, 6 km/h. Impeccable, les barrières horaires sont entre 5.5 et 6 km/h, c’est bon pour le moral.

Depuis plusieurs kilomètres, les semelles de mes Hoka commencent à me trancher la plante des pieds, les chaussures sont trop étroites et les semelles remontent de chaque côté, venant frotter la plante. Heureusement j’ai une paire de semelles de rechange dans mon sac, coupées différemment, je fais une nouvelle pause au début de la descente qui suit le Ballon d’Alsace pour procéder au changement, et j’en profite pour sortir la frontale. Les pieds vont tout de suite mieux, j’aurais dû le faire plus tôt. J’atteins le CP5 à 22h29, 31 minutes d’avance sur la barrière horaire. Je vais encore y rester une vingtaine de minutes. Je retrouve Stéphanie Brusquet-Valderrama accompagnée d’une autre bénévole. Comme d’habitude, je demande si les derniers coureurs à être passés sont loin. D’après la feuille de pointage, ça fait plus d’une heure, mais Stéphanie m’informe que Patrick Malandain a dormi 1h30 ici, et vient de repartir, il y a juste 5 minutes. Elle doit se tromper, ce n’est pas possible. Elle suppose qu’il prend son temps, mais venant d’un garçon qui a fait 1er et deuxième sur la MiL’KiL, ça m’étonne, il doit bien être un minimum compétiteur. Je vais partir à la chasse au Malandain, histoire d’éclaircir ce mystère. Ce CP5 est au 102ème km, à mi-distance, c’est ici que j’ai placé mon unique drop bag. Pas besoin de la polaire, ni des chaussures de rechange. Bien qu’elles soient plus larges que les Hoka que j’ai aux pieds, qui me font mal car trop étroites, ces chaussures de rechange ont bien moins d’amorti, je risquerais de le regretter si je changeais, vu l’état de mes cuisses. Je me contente de récupérer un tube de crème anti-frottements. Je ne m’en sers jamais d’habitude, mais là, fait rare, je suis embêté par des frottements depuis un bon moment. Je récupère également ma recharge en pâtes de fruits. Aux ravitos je prends toujours la même chose, du salé avec 2 P’tit Louis, un camembert et des petits bâtonnets de saucisson, puis 2 compotes, tout ça je l’emmène avec moi. De temps en temps une banane, du blanc de dinde et du pain de mie, je prends aussi des cafés que je bois sur place. Puis quelques pierres de sucres, que je conserve dans un petit sachet plastique, j’en rajoute en plus dans ma bouteille de 50 cl remplie d’eau et de sirop, histoire de retrouver une boisson aussi sucrée que du coca.

Arrive un des 4 patrouilleurs, Daniel. Je n’apprends qu’à ce moment-là qu’il est le père de l’organisateur Christophe. Il me prévient qu’il faudra faire attention dans le village de Sewen un peu plus bas, car il faut quitter la route pour prendre une voie verte, et le balisage est très discret, je risque de le louper. Cette section entre les CP5 et 6 est la plus courte de la course, 18 km, mais elle m’inquiète depuis plusieurs heures, car pour quelqu’un qui serait juste dans les barrières horaires, on ne dispose que de 2h30 pour la couvrir, ça fait du 7.2 km/h. Ça fait aussi la section sur laquelle il faut être le plus rapide, si on est juste dans les barrières. Le profil est majoritairement descendant et plat, mais quand même. Ça aurait été bien d’avoir une petite demi-heure d’avance, mais je n’ai que 10 minutes. Par contre, si je passe cette section, ensuite les barrières horaires sont de plus en plus larges jusqu’à l’arrivée, je me raccroche à ça.

C’est reparti, je termine la descente du Ballon d’Alsace, il restait environ 3 km jusqu’à Sewen. Pas de Malandain en vue, si je le rattrape je vais mettre un peu de temps, je me suis encore longuement arrêté au ravito, il a pris de l’avance. Dans le village, je retrouve Daniel qui m’avertit gentiment que si je devais arriver en retard au CP suivant, il serait obligé de m’arrêter et de me ramener en voiture. Il m’indique l’entrée de la voie verte, en effet elle est discrète, je l’aurais probablement loupée. C’eût été sans grande conséquence, car elle longe la route principale qui mène donc au même endroit, mais la route principale est plus dangereuse et je me serais posé des questions, à ne pas voir de balisage pendant des kilomètres.

9 kilomètres de voie verte à venir, puis 4 kilomètres de montée jusqu’au CP6. A plusieurs endroits, la voie verte traverse des petites routes accessibles en voiture, j’y retrouve à plusieurs reprises Daniel. Probablement qu’il s’assure que je ne suis pas à la marche, car vu le peu de temps qu’il me reste et la distance jusqu’au prochain ravito, si je ne cours pas ça ne passera pas. En repartant du CP5, je devais avoir une petite demi-heure de retard sur Patrick Malandain, mais je le rattrape au milieu de la voie verte, ça ne doit pas aller fort. Ça affadit forcément le plaisir que j’aurais pu retirer de cette partie de chasse, de reprendre un homme affaibli. La dernière fois que j’ai vu un coureur, c’était 9 heures auparavant avec May-Yen qui avait abandonné au CP3. La dernière fois que j’ai vu un coureur encore en course c’était Mimi il y a environ 15 heures.

Que ça fait drôle de voir quelqu’un aussi expérimenté que Patrick en difficulté, sa frontale éclairant la nuit au loin, seul au milieu de nulle part, cette si petite silhouette que j’aperçois au bout d’une ligne droite, pour un si grand monsieur de l’ultra, quand on sait tout ce qu’il a fait, ses traversées des Etats-Unis, de l’Australie... Ses 10000 km en 100 jours. La foulée n’est pas très belle, il doit être à 6 ou 7 km/h. Il est malgré tout disposé à discuter, je découvre un garçon très sympathique, je n’avais encore jamais fait de courses avec lui. Il souffre de problèmes musculaires, et n’arrive plus à s’alimenter. Ça va être compliqué pour lui de passer la prochaine barrière horaire. Je lui demande s’il compte continuer dans le cas où il la passerait, il me répond que oui, même s’il sait que c’est reculer pour mieux sauter. Je le quitte et le distance rapidement, je retrouve sa femme qui l’attend à la sortie de la voie verte. Plus que de la montée jusqu’au CP6, je demande à sa femme la distance restante, elle me confirme que c’est 4 km, il doit être environ 1h du matin, la barrière horaire est à 1h30, ça va être chaud! Daniel me double dans la montée en voiture. "Il reste 20 minutes hein!". Je le sais, j’ai les yeux rivés sur la montre, je "sprinte" à mon modeste niveau, autant que mon état le permet, je dois être proche des 10 km/h dans la montée, peut-être un peu plus sur les petits replats. Il fait nuit noire, pas une lumière à l’horizon, à chaque détour de virage j’espère apercevoir enfin la lumière de Bourbach-le-Haut, commune qui accueille le CP6, mais rien, je commence à désespérer, il est 1h25, plus que 5 minutes. Je commence à imaginer des scénarios, si je devais arriver très légèrement en retard et que les bénévoles voulaient m’arrêter, j’essayerai d’appeler Christophe pour tenter de négocier une tolérance de quelques minutes, ça serait trop bête d’être arrêté là. Mais j’aperçois enfin cette lumière, pourvu que le ravito soit à l’entrée de la commune. Heureusement il n’est pas trop loin, j’arrive à ce 120ème km à 1h27, 3 minutes d’avance, ouf! Patrick ne passera pas, c’est sûr. Bien que je sois dans les délais, je demande quand même à un des bénévoles si je peux continuer. Il me répond dans un petit soupir "Ben... Oui". Je me demande si ça n’aurait pas été un soulagement pour eux que je sois hors-délai, les pauvres je les plombe à chaque ravito, je passe plusieurs dizaines de minutes après l’avant-dernier. Et ils doivent se dire qu’ils font tout ça pour rien car je finirai bien par craquer et être hors-délai. Mais j’essaye, pour ne pas avoir de regrets. Ce qui me sauve, c’est qu’ils me laissent me ravitailler au-delà de la barrière horaire. Certaines courses non seulement il faut arriver avant la barrière, mais en plus les bénévoles te mettent dehors à l’heure pile. A partir de ce 120ème kilomètre, jusqu’à l’arrivée il reste 4 sections de 21 km chacune séparées par les 3 derniers CP.

Les bénévoles rangent pendant que je me ravitaille, c’est normal ils doivent partir pour tenir un autre ravito plus loin dans la course. Parfois j’ai envie de quelque chose qui est déjà rangé, ils me le ressortent à chaque fois sans le moindre mouvement d’humeur, c’est beau. Un Bolino traîne au coin d’une table, j’avais oublié qu’il y en avait sur les ravitos, si j’avais su j’en aurais demandé plus tôt. Ça va faire du bien de manger chaud. Un bénévole me dit que par contre il va falloir attendre je ne sais plus combien de minutes que ça soit prêt. Je ne peux pas m’offrir ce luxe, je vais l’emmener avec moi et le manger en route. La femme de Patrick a rejoint le ravito avec leur fameux camping-car, flocké des multiples défis qu’ils ont réalisé, et Patrick n’est plus très loin.

J’y retourne, je repars avec au moins dix minutes de retard sur la barrière horaire. A suivre une nouvelle petite montée d’environ 4 km et à peine 200 m D+, jusqu’au col du Hundsrück. La pente est douce, j’arrive à toute la courir, les sensations sont assez bonnes. Mme Malandain (je ne connais pas son prénom) me double à nouveau, dans la montée, et se gare au sommet. Je m’attendais à voir Patrick à la place passager, mais non, il doit dormir à l’arrière. Je me renseigne une fois rendu au sommet, sa femme m’apprend qu’il continue. Il n’a pas été mis hors-course pour l’instant, me dit-elle. Belle combativité.

J’attaque la descente qui suit, 5 km, puis il y aura environ 11 km de plat à suivre. Dans la descente je suis à nouveau rattrapé par le camping-car, cette fois Patrick est là, il a voulu essayer mais la forme ne revenait pas, il voyait qu’il ne passerait pas non plus la barrière horaire suivante. Il est arrivé 15 minutes en retard à Bourbach-le-Haut. Le couple me demande si ça va et si j’ai besoin de quelque chose. Eau et nourriture c’est bon, je viens de faire le plein au ravito, par contre je suis à nouveau embêté avec mes semelles, la paire de rechange cause le même problème que la paire avec laquelle j’ai pris le départ, elle me tranche la plante des pieds. Je leur demande s’ils n’auraient pas de l’élasto ou un adhésif quelconque que je pourrais appliquer sur la plante des pieds. On est en plein milieu d’une petite route étroite, Mme Malandain ne se voit pas quitter le volant, c’est donc Patrick qui s’y colle. Le voilà rendu crapahuter à l’arrière du camping-car à la recherche de la trousse à pharmacie. Il doit avoir mal partout, c’est chic de sa part de se donner cette peine. Il trouve ce qu’il faut, j’ai à faire à des gens bien équipés. Alors que je m’assois au bord de la route pour faire le nécessaire, ils auraient pu filer, mais non, ils vont attendre que j’ai fini et que je me relève, pour être sûr que tout va bien, vraiment sympas. Je repars en les remerciant chaleureusement, eux vont se garer dans un coin pour dormir un peu.

Viennent les 11 km de plat, annoncés comme compliqués niveau orientation, notamment dans la commune de Thann, au point que l’organisateur a conseillé à ceux qui couraient sans le roadbook, d’imprimer au moins les pages qui concernent cette section, ce que j’ai fait. Au bas de la descente, j’arrive à Bitschwiller-lès-Thann, à partir de là ce n’est que de la ville jusqu’au ravito. Ça doit être cette commune qu’ils appellent Thann, en abrégé. Il y a en effet pas mal d’intersections et quelques changements de direction, mais je ne rencontre pas trop de problèmes pour m’orienter. Pfff, c’était facile en fait. Puis vient la commune de Thann, pas abrégée, c’est là finalement que l’orientation difficile doit commencer. Il est environ 4h du matin, le manque de sommeil se fait sentir. Je n’ai plus le courage d’avancer, je vais tenter une micro-sieste sur un banc. Je reste assis et ne m’allonge pas, car il faudrait enlever le sac et je n’ai pas le courage. Il faudrait que je mette un réveil mais pour ça il faudrait que j’enlève le sac pour chercher mon portable, pas le courage. Tant pis je prends le risque de ne pas mettre de réveil, de toute façon il est rare que j’arrive à dormir en course, mais ça fait quand même du bien de fermer les yeux. Je fais ainsi 6 minutes de pause, courbé vers l’avant, les yeux cachés de la lumière de la ville par mes avant-bras appuyés sur mes genoux. Je sens que ça a fait du bien.

Première intersection dans Thann, je ne vois pas de flèches de l’organisation, j’ai sorti le roadbook. A l’endroit où je me trouve d’après ce dernier, je dois poursuivre tout droit dans une rue Marsilly, sauf que le panneau de nom de rue que je vois au mur ne correspond pas. Je tourne en rond quelques minutes sans trouver. Ça ne m’arrange pas du tout cette affaire, déjà que je ne suis pas en avance, et j’aurais bien aimé gagner un peu de temps pour me reposer à nouveau, à un moment ou à un autre je vais piquer du nez. Je finis par téléphoner à l’organisateur Christophe, mais il ne répond pas. Il rappelle 8 minutes plus tard, mais entre-temps j’ai fini par retrouver mon chemin. Je profite de l’avoir au téléphone pour lui demander si Corinne est toujours en tête, il m’annonce qu’elle est déjà arrivée, en vainqueure, améliorant le record de la première édition de plus de 4h. Et ben, ça ne rigole pas devant. J’apprends aussi que Julia Fatton est sur le point de finir 2ème. Les femmes sont en train de reprendre le pouvoir! "Christophe, ne me dis pas que le podium pourrait être complété par une 3ème femme?", "Et bien si, ça pourrait bien être le cas avec Claire Bannwarth". Énorme! Ça serait beau. Que ce soit en ultra ou ailleurs, 3 femmes sur le podium au classement général, ça n’a pas dû arriver souvent. Ça fait plaisir d’avoir ces infos fraîches, ça me dynamise. Je poursuis mon avancée dans Thann, le roadbook à la main, il y a toujours pas mal de changements de direction. Peu avant le ravito, une ligne droite plate de 2.6 km annoncée comme monotone sur le roadbook, en effet elle l’est un peu. Il faudra tourner à gauche au bout de ces 2.6 km, mais les voies sur la gauche sont nombreuses, j’ai peur de la louper. J’ai parfois la tête ailleurs, et craignant d’avoir manqué le balisage à la dernière intersection passée, je fais un bref aller-retour pour vérifier, encore un peu de temps de perdu. Le patrouilleur Jean-Baptiste m’appelle pour savoir où j’en suis, ils doivent s’impatienter les pauvres. Je l’informe que je cherche cette fameuse route sur la gauche, à partir de laquelle il me restera 1.5 km, je ne suis donc plus très loin. J’entends à sa voix qu’il est soulagé, ils devaient craindre que je sois en perdition beaucoup plus loin. Ils m’attendent. Les dernières centaines de mètres sont légèrement en montée, toujours en ville, je me hâte, si ça continue je vais trouver le moyen d’être hors-délai. J’arrive au CP7 d’Uffholtz, km 121, à 5h25, pour une barrière horaire à 5h30. Ouf, nouvelle frayeur!

Sur la section suivante, c’est 21 km quasiment que de montée jusqu’au Grand Ballon, avec un petit replat au milieu de la montée. Le CP suivant sera au sommet. La barrière horaire ici à Uffholtz est à 5h30 et celle au Grand Ballon est à 10h00. Un bénévole m’avait néanmoins conseillé au ravito précédent d’arriver à Uffholtz avant 5h00, car 4h30 seulement pour monter ça risquait de faire juste, en 5h ça aurait été plus confortable, eux comptent grand minimum 4h de montée. Le temps de me ravitailler, je repars à 5h40, plus que 4h20 au lieu des 5h recommandées, ça va être difficile, d’autant plus que mes modestes 6 minutes de sieste en guise de nuit de sommeil risquent de faire juste, j’aurais aimé dormir un peu mais je ne peux pas me le permettre.

Les sensations en début de montée ne sont pas terribles, je n’ai pas de jus. Ça ne sert à rien de continuer dans cet état-là, tant pis je fais une courte pause "sommeil". 6 minutes là aussi, dans les mêmes conditions que ma précédente pause, et c’est reparti. 1 ou 2 km parcourus, et c’est à nouveau le coup de barre. Rien à faire, il faut que je redorme. Cette fois j’enlève le sac, je m’allonge dans l’herbe au bord de la route et je mets un réveil, je décide de partir pour 15 minutes de pause. J’ai peur de me rendormir malgré le réveil, mais je me dis que le temps que les bénévoles du CP d’Uffholtz rangent leur ravito, s’ils passent ensuite par là ça sera peut-être dans plus de 15 minutes, et alors ils me réveilleront. J’ai un pied qui a dû gonfler un peu et est devenu douloureux dans ces Hoka trop étroites, j’ai donc enlevé la chaussette uniquement à ce pied, elle sera parfaite pour me cacher les yeux de la lumière du jour. La pause a fait du bien, il est encore tôt et je n’ai pas été dérangé par le moindre véhicule. J’arrive à me relever au bout des 15 minutes, je ne me suis pas rendormi. Le temps que j’ai passé à m’installer puis à repartir, le temps d’émerger, de ranger le portable, j’ai lâché 20 minutes. Il me reste environ 3h30 pour 19 km. Vu mon allure, c’est mort, c’est fini... Si je fais tout à la marche à 5 km/h, je vais arriver avec 30 minutes de retard, à quoi bon... Ça fait chier, j’aurais dû prendre mon vendredi en congés pour passer une bonne nuit avant le départ. Je repars quand même, je vais essayer d’atteindre le Grand Ballon pour au moins voir à quoi ça ressemble, il me semble que j’y suis passé lors d’un trail, les 200 km de l’Infernal trail des Vosges, ça me rappellera peut-être des souvenirs. Je les confonds un peu, tous ces Ballons. Et puis il faut toujours essayer, sait-on jamais, un miracle. Je passe ma montée à calculer et recalculer si c’est encore jouable, quelle vitesse il faudrait tenir. D’après mes calculs, il faudrait tenir un petit 6 km/h jusqu’au sommet, une vitesse que j’arrive péniblement à atteindre à la marche en pressant le pas, et de là à la maintenir pendant plus de 3h, c’est une autre affaire. De plus, rien ne dit que cette irrépressible envie de dormir ne va pas me reprendre. Je me trouve un bâton pour m’aider à marcher. Il y a de la fatigue et de la lassitude de batailler avec les barrières horaires, l’idée d’appeler un patrouilleur pour qu’il vienne me chercher me traverse l’esprit. Mais j’y renonce, j’aurais des regrets de ne pas avoir tout tenté. Je gamberge pas mal, que ferai-je si un patrouilleur passe par là sans que j’aie à l’appeler? J’essaye de me promettre de ne pas céder dans le cas où il me dirait que je suis trop juste et proposerait de me ramener, il faut continuer tant que je ne suis pas officiellement hors-délai.

Je retrouve les petites bornes au bord de la route qui indiquent la distance restante jusqu’au col du Grand Ballon et jusqu’au col Amic qui se trouve au milieu de la montée. Je continue à calculer, des panneaux à des intersections indiquent le Grand Ballon à 17 km, puis plus loin 13 km, ça avance, je vérifie que les panneaux correspondent aux petites bornes. Le moral est fragile, il tombe encore un peu plus bas car il me semble qu’une borne indique le même kilométrage restant que la borne précédente, pourtant j’ai marché 10 minutes. Puis il remonte, ça tient à peu de choses, la borne suivante 10 minutes plus tard annonce 2 kilomètres de moins restants, ainsi les choses rentreraient dans l’ordre. Mon seul espoir, c’est de gagner du temps en courant sur le semblant de replat au milieu de la montée. Ce n’est pas gagné car d’après le profil, il comporte quelques bosses. Mais les bonnes sensations reviennent, je m’alimente régulièrement et j’arrive à courir tout au long de ce replat d’environ 6 km. Un petit 10 km/h au lieu de 6 à la marche, ça fait 3 à 4 minutes de gagnées au kilomètre, ça peut être suffisant pour m’en sortir. Me voilà au col Amic, au pied des 500 derniers mètres de dénivelé avant le Grand Ballon, il reste 6.5 km. Je constate à présent que c’est carrément jouable, j’ai vraiment bien avancé sur ce replat. Je n’en reviens pas, ce n’est pas encore fait, mais si j’arrive à passer cette barrière horaire au sommet, ensuite j’ai de bonnes chances de pouvoir rallier l’arrivée, il ne restera qu’un marathon et une seule belle montée jusqu’au Petit Ballon.

Je commence à être juste sur ce qu’il me reste en eau, je crains d’en manquer dans les derniers kilomètres, comme sur la plupart des autres sections. 20 km avec le temps que j’y passe, ça fait juste avec la taille de ma réserve d’eau. Et les patrouilleurs ne font plus la navette entre les CP comme en début de course, je les comprends, pour un seul coureur, si j’ai un souci je peux appeler. J’avais la flemme de sortir le portable, c’est encore un peu de temps de perdu, mais là je n’ai plus le choix. Je me résous à appeler le patrouilleur JB mais il est au sommet du Grand Ballon et il n’y a pas de réseau. Il essaye de me rappeler sans succès. Je prends le temps de lui envoyer un sms en continuant à marcher, pour qu’il me retrouve à 4 km du sommet. Les sms passent, sauvé, il me répond qu’il arrive. Il met une dizaine de minutes à venir, nous nous retrouvons finalement à moins de 3 km du sommet, mais il y avait vraiment besoin. Il m’apprend que 5 ou 6 coureurs étaient encore dans la montée devant moi, ils sont sur le point d’atteindre le sommet. Je suis surpris d’être si proche d’eux, leur avance sur moi s’est réduite par rapport aux pointages que j’ai pu voir aux ravitos, ils ont certainement dormi. Je m’offre le luxe de discuter 5 minutes avec JB, assis à l’arrière de sa voiture où se trouvent les bouteilles d’eau, j’ai repris suffisamment de temps pour me le permettre.

Plus que 3 petits km jusqu’au sommet donc. A partir du moment où je deviens visible des gens au ravito, je trottine les dernières dizaines de mètres qui me séparent d’eux, c’est la fin de la montée, comme ça je vais pouvoir faire le malin en arrivant. "Je suis content j’ai pu faire toute la montée en courant!". Ça fait rire l’assistance, c’est réussi. Si on peut apporter un peu de joie de vivre, en ces temps troublés.

Évidemment que ce sommet me rappelle des souvenirs de mon trail, avec son radar en forme de boule blanche. J’y suis passé de nuit en plein brouillard avec l’illustre coureur René Heintz pas loin devant sur l’Infernal trail des Vosges en 2017.

Il est 9h45, la barrière horaire est à 10h, c’est confortable. Je reviens de loin, au début de la montée j’étais loin de penser arriver à cette heure-là. Sans compter mes 25 minutes de pause, je suis monté en 3h40, alors qu’on me conseillait de prévoir au moins 4h, petite satisfaction. J’ai ouï dire que le record de cette montée pour un hudeubiste était depuis peu la propriété d’une hudeubiste, la vainqueure Corinne Gruffaz, en 2h50. Pas trop mal, avec 140 km dans les pattes.

A ce CP8 je retrouve un coureur, je n’en avais pas vu depuis Patrick Malandain il y a presque 10h. Il s’agit de Nicolas Soubies, arrivé 8 minutes avant moi, il est un peu ralenti par des ampoules mais ça va. Très peu d’abandons sur la feuille de suivi, c’est étonnant, une dizaine seulement pour une cinquantaine de partants. Je repars aux alentours de 10h, heure de la barrière horaire, Nicolas est reparti avant moi. Sur la prochaine section, encore 21 km jusqu’au dernier ravito, 11 km à peu près plats, et 10 km de descente. Les 2 dernières descentes, celle-ci et celle du Petit Ballon qui mène à l’arrivée, sont d’après le profil les 2 plus raides de la course, et m’inquiètent depuis un moment par rapport à l’état de mes cuisses.

J’aborde donc les 11 km "plats". Pas grand-chose à signaler sur cette portion. Il y a pas mal de monde, c’est touristique. Un sujet que je n’ai pas encore abordé dans ce récit depuis le début de la course, ce sont les motos. On en croise beaucoup depuis le début, qui roulent souvent très/trop vite. Il doit y avoir souvent des accidents. Quand je vois l’allure à laquelle certains filent, je croise les doigts pour qu’il n’y ait personne au détour d’un virage, un coureur par exemple. Certains automobilistes aussi roulent comme des fous.

Des panneaux indiquent le Grand Ballon derrière à seulement quelques kilomètres, il en reste une quinzaine jusqu’au dernier CP, puis encore 21 après, je trouve le temps long, il me tarde d’arriver, j’ai vraiment mal aux pieds et aux cuisses.

6.5 km après le Grand Ballon, on arrive au Markstein, une station de sport d’hiver. Ici aussi je suis passé lors de mon trail de 2017, je crois que j’avais fait une sieste dans une fourgonnette de l’organisation, souvenirs, souvenirs.

Deux cyclistes arrêtés au bord de la route au Markstein me demandent si c’est une course. Je prends quelques minutes le temps de leur expliquer par où nous sommes passés, de répondre à leurs questions. Il faut faire de la pub pour les prochaines éditions. Plus loin, d’autres cyclistes que je croise me félicitent, ils ont dû rencontrer plusieurs autres coureurs qui leur auront expliqué ce que nous faisions. Je finis par rattraper Nicolas Soubies, nous discutons plusieurs minutes en marchant. Il est accompagné en voiture par une femme, probablement sa compagne. Je ne lui demanderai son prénom qu’au moment de leur dire au revoir à la cérémonie de clôture : Marylou (c’est facile à retenir, goodbye Marylou).

J’en ai plein les pattes un peu avant le début de la descente, je vais m’allonger quelques minutes dans l’herbe, il y a un parking au bord de la route. Il faut que je mette un réveil, mais comme d’habitude j’ai peur de le louper et de me retrouver hors-délai. Marylou est garée sur ce parking, je lui demanderais bien de me réveiller dans 20 minutes si elle restait un peu là, mais je n’ose pas la séparer de son homme qui lui aussi vient d’arriver, et continue sa progression. Coup de bol, c’est elle qui propose, et Nicolas n’y voit pas d’inconvénients, il dit pouvoir se débrouiller sans assistance pendant une demi-heure. Une sieste tout confort qui s’annonce, Marylou me sort un de ces coussins de voyage en forme de U, et une couverture. Je ne pensais pas avoir besoin de cette dernière car il fait soleil, mais avec la fatigue et un petit vent, je finis par me réfugier dessous. J’enlève les chaussures et la chaussette histoire de faire sécher au soleil mes pauvres pieds endoloris. Que du bonheur, c’est parti pour 20 minutes. Marylou me réveille pile à l’heure prévue, impeccable, je suis requinqué pour tenir jusqu’à l’arrivée.

C’est parti pour la descente. Les premiers kilomètres sont difficiles. Je me suis refroidi et je n’arrive pas à courir, j’ai vraiment les cuisses défoncées. Il faudra un petit moment avant que ça réchauffe. Ça finit par repartir et je peux retrottiner. Après 2 ou 3 kilomètres, un cycliste qui lui remonte, me demande si je participe à l’Ultra Boucle des Ballons. Je réponds oui. "Vous ne vous surnommeriez pas amonère, par hasard?". En effet (mon pseudo sur Internet). "Vous êtes?". En réponse, il me montre son maillot, sur lequel est écrit Cloclo. Cloclo du forum ADDM, je ne m’attendais pas, je ne savais pas qu’il était du coin. Je ne l’imaginais pas comme ça, il a le cheveu plus grisonnant que sur sa photo de profil, je le voyais un peu plus jeune (désolé Cloclo...). On discute un peu, il veut monter au col car il a vécu ici quand il était jeune donc ça lui rappelle des souvenirs, puis il veut revenir pour m’accompagner jusqu’au ravito situé à la fin de la descente. Il confirme mes craintes, que les 2 dernières descentes, dont celle en cours, sont plutôt raides. Je lui demande l’écart entre moi et Nicolas, il me répond à peine 1 km, je vais essayer de le rattraper. A présent les jambes répondent bien, je peux courir comme je veux, j’ai l’impression d’avancer à un bon rythme, mais pas de Nicolas en vue, je m’étonne de ne pas lui avoir repris ce petit kilomètre, lui aussi doit bien avancer.

J’arrive au dernier CP, le 9, à 14h01 pour une barrière horaire à 14h30. Sauf catastrophe, je vais finir la course, il reste 4h30 pour 21 km, 10 km de montée jusqu’au Petit Ballon, 11 de descente. Nicolas est arrivé une minute avant moi, il est surpris que j’aie réussi à lui reprendre les 20 bonnes minutes de retard concédées suite à ma pause. D’après la feuille de pointage, le dernier coureur avant lui est passé il y a plus de 30 minutes, on ne reverra personne d’ici l’arrivée. Toujours aussi peu d’abandons, c’est tant mieux. J’ai appris que la coureuse Claire Bannwarth, partie en retard, avait complété le podium. Les 2 premières font mieux que l’ancien record d’Olivier Cabrera de respectivement 4h et 2h, et Claire fait 11 minutes de plus, mais avec un parcours 2 kilomètres plus long qu’en 2019. Un grand cru cette deuxième édition!

Nous sommes rejoints par Cloclo, il n’a pas réussi à me rattraper avant que je termine la descente. Je retrouve les cantiniers (les bénévoles qui tiennent les ravitos) et patrouilleurs habituels, dont Martial Lanoue et Daniel le père de Christophe. A nouveau je repars dernier du ravito, je les aurais tous fermés à l’exception du premier qui attendait Claire Bannwarth partie en retard. Cloclo continue de m’accompagner. Nous allons discuter tout au long de la montée et le temps m’aura sûrement paru moins long. J’ai à nouveau trouvé un bâton sur le bas-côté pour m’aider à marcher. Je rattrape Nicolas dans la montée. J’ai une ampoule à un orteil depuis plusieurs dizaines de kilomètres que je n’ai pas pris la peine de percer, elle me gêne légèrement mais c’est tout à fait supportable. Soudainement la gêne devient douleur, je n’arrive plus à marcher sans boiter, il faut faire quelque chose. A force d’appuyer dessus à chaque pas, l’ampoule au bout de l’orteil est en train de décoller la peau à la base de l’orteil, pas bon, il faut percer. J’ai ce qu’il faut dans le sac, une fine aiguille. Cloclo me demande si j’ai ce qu’il faut pour désinfecter, je réponds que non. Il sort un flacon de désinfectant et du coton de ses sacoches et me les confie. Me voyant tamponner prudemment l’orteil, il imbibe à son tour un coton d’alcool et me le presse fortement sur l’orteil sans prévenir, je sursaute. "Tu n’es pas douillet quand même?". "Ben non, mais quand même, je l’ai senti passé". Bon au moins c’est fait, et après quelques pas seulement, la douleur est déjà un lointain souvenir. Au sommet, je retrouve le patrouilleur Jean-Baptiste alias JB, ainsi que Marylou qui attend Nicolas. Petite déception, je suis déjà passé à ce col au cours du trail du Petit Ballon, et il me semblait qu’une grande statue de cheval en métal trônait ici, mais je ne la vois pas. J’ai un petit peu enquêté après la course, cette statue de Jeanne d’Arc se trouve en fait au sommet du Ballon d’Alsace, passé 100 km plus tôt, je l’ai loupée. Je vais être obligé de revenir. Décidément ils sont confus ces souvenirs de trail.

Cloclo me laisse là au sommet du Petit Ballon, il veut s’offrir une part de tarte à la myrtille dans une auberge un peu plus bas. Il est environ 16h30, il reste 2h pour parcourir 11km de descente, ça devrait le faire. Ce sommet aussi est touristique, il y a du monde dans les 2 premiers kilomètres de descente. Comme au début de chaque descente, les premiers hectomètres sont difficiles pour les cuissots, je n’arrive pas à recourir tout de suite, il est temps que ça s’arrête. Marylou s’est garée 2 km après le col, elle m’informe que Nicolas est tout proche, il a passé le sommet. Je l’aurais bien attendu pour avancer un peu avec lui, je cherche à l’apercevoir au loin derrière, en vain, donc je continue. Je retrouve Marylou à plusieurs reprises dans la descente, elle avance de 2 ou 3 kilomètres chaque fois que Nicolas la rejoint. Comme d’habitude je risque de manquer d’eau sur la fin, j’en profite pour recharger chez elle. Je lui demande aussi la distance restante, elle a le roadbook avec elle. 7 km seulement, je vais accélérer un peu dans la descente, j’ai hâte de terminer. Je suis obligé de faire des pauses marchées de quelques secondes de temps en temps, j’ai trop mal aux cuisses. A ma grande surprise, je rattrape un coureur pas loin de l’arrivée, à 2 km peut-être. Franck Rozencwaig, qui finit en marchant. Je n’aurais pas cru reprendre un tel retard depuis le dernier CP, il avait au moins 30 minutes d’avance. A quelques centaines de mètres de l’arrivée, je rattrape un autre coureur, Frédéric Marchal, qui finit en petites foulées accompagné de plusieurs personnes.

Une dernière traversée de rue dans Munster, il y a un peu de trafic, une bénévole est à un passage piéton pour arrêter les voitures lorsqu’un coureur arrive. J’entrevois une courte fenêtre de tir entre 2 voitures et traverse avant le passage piéton. La bénévole me dévisage en soupirant. "Désolé, chaque seconde compte". "Bon allez... Vas-y" me répond-elle, un peu dépitée par ce qu’elle voit comme un manque de prudence. Mais si je veux claquer un joli chrono, il faut s’en donner les moyens. J’aperçois enfin la fameuse statue de Poséidon synonyme d’arrivée, Christophe me montre la direction en tendant les bras vers elle. Quelqu’un me crie qu’il faut embrasser un des pieds de la statue, je m’exécute. C’est fait, je reviens de loin. Je suis très heureux de ces retrouvailles réussies avec une course de 200 km sur route, 5 ans que je n’en avais pas terminé une, et très heureux d’avoir revu tous ces habitués. Sans entraînement ça a été chaud, je n’en reviens toujours pas que ça soit passé. 37ème sur 40, 36h22 pour un temps limite de 37h. 38 minutes d’avance, je suis large, définitivement.
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Re: CR U2B 2020

Messagede Hermagot le Lun 20 Juil 2020 22:27

amonere a écrit:C’est reparti pour 22 km en direction du CP3, installé dans la commune de Kruth, le plus long intervalle de la course entre 2 CP. Les bénévoles du CP2 m’ont confié que d’après l’organisateur Christophe, c’est chou, Kruth, il me tarde donc d’y être. Et si j’arrive là-bas fatigué, je trouverai bien un moyen de m’asseoir, elle doit être pourvue de bancs, Kruth.

Eh non :pleurer:
Désolé, Charles. Nous avions passé la semaine précédant l'épreuve à démonter tous les bancs et autres abribus, églises ou taupinières... pour éviter que tu cales en bourg et t'y installes trop confortablement.
Il nous fallait prouver que tu pouvais aller jusqu'au bout.
C'était aussi la condition pour valider les ravitos, sans doute, d'ailleurs :mexicain:

PS : attention, le cut off redescend à 36h en 2021 :siffle:
(pendant que la distance augmente de 2km et le D+ de 140m... mais on ne va pas chipoter pour ces détails).
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Re: CR U2B 2020

Messagede Popol24 le Mar 21 Juil 2020 10:06

Ils ont du poil aux pattes ces CR de l'U2B..... :hein:
Pas du petit format :clown:
Charles, pénard pépère :mrgreen: , zéro km d'entraînement, toujours
limite au niveau des BH, et no stress, ca passe :mrgreen:
Vu comme ca, c'est simple les ultras :pompom:
Bien joué :maitre:
Ils nе cоurеnt раs cоntrе lеs аutrеs mаіs роur еux-mêmеs. Ils sеmblеnt dіfférеnts dе nоus : іls роssèdеnt lа sérénіté dеs sаgеs, l'еnvіе dеs еnfаnts, lа cараcіté dе sе surраssеr. Lеur drоguе еst lе 100 kіlоmètrеs, lе рlаіsіr dе cоurіr реndаnt dеs hеurеs. Ils gоûtеnt іntеnsémеnt lе раrtаgе, lа chаlеur humаіnе еt chаquе cоurеur еst unе hіstоіrе vіvаntе.
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Re: CR U2B 2020

Messagede Cloclo le Mar 21 Juil 2020 10:15

Well done, camarade :super:
Mais t'es quand même un poil douillet :siffle:
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Re: CR U2B 2020

Messagede christian77 le Mar 21 Juil 2020 13:28

Bon maintenant que je te connais en vrai, lire ton CR me fait bien plaisir et pas mal rigoler. J'espère que tu vas bien t'entraîner d'ici le mois d'avril pour galérer un peu moins sur l'UBF. Content d'avoir partagé le début de la fête avec toi et félicitations pour ta très courageuse obstination.
:maitre:
Dialoguer, c'est probablement avant tout s'efforcer d'écouter l'autre pour comprendre ce qu'il dit.

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Re: CR U2B 2020

Messagede Tonio le Mar 21 Juil 2020 16:37

Cloclo a écrit:Well done, camarade :super:
Mais t'es quand même un poil douillet :siffle:


:nonnon: :nonnon: Il est un poil David :exclamation: :chinois:
La victoire de la course sur soi-même !
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Re: CR U2B 2020

Messagede petit Franck le Mer 22 Juil 2020 06:53

37 eme sur 40 en etant souvent a la limite des barrieres horaire et en se disant " j appellerai l organisateur pour tenter de negocier si j etais en retard de quelques minutes ca serait trop bete " c est pas terrible pour un jeune de tok age en pleine sante .

J aurais pense que tu aurais fait mieux
mais c est quand meme bien d avoir fini
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Re: CR U2B 2020

Messagede Cloclo le Mer 22 Juil 2020 09:12

petit Franck a écrit:37 eme sur 40 en etant souvent a la limite des barrieres horaire et en se disant " j appellerai l organisateur pour tenter de negocier si j etais en retard de quelques minutes ca serait trop bete " c est pas terrible pour un jeune de tok age en pleine sante .

:maitre: :maitre: :maitre: :rigoler:
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Re: CR U2B 2020

Messagede manumds le Mer 22 Juil 2020 12:28

Bravo Charles, ce que tu as fait sans prépa fallait non seulement osé, mais en plus y arriver.
Ton CR était palpitant, j'avais l'impression d'être à ta place sans l'envie de dormir et sans les douleurs au quadri.
Grosse perf mentale et physique.
Quant à Mimi Chevillon, c'est la reine de l'optimisation des ravitos, elle doit d'ailleurs détenir de nombreux records sur ce thème.

Vraiment un gros coup de chapeau et merci pour ce CR très détaillé.
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Re: CR U2B 2020

Messagede sergio95 le Mer 22 Juil 2020 14:15

Félicitation Charles et merci pour ton CR très complet :super:
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Re: CR U2B 2020

Messagede amonere le Mer 22 Juil 2020 15:55

Merci à tous! :smack:

Si je reviens Christophe, je saurai m’adapter à ce rallongement de parcours et à ce retour à la normale du cut-off. Pas sûr néanmoins que je sois des vôtres en 2021, au mois de juillet j’ai déjà 2 trails reportés de 2020.

Franck, certains voient les courses auxquelles ils participent uniquement comme des compétitions, moi je les vois comme un voyage. Et quand je voyage, je prends le temps. Je regrette juste d’avoir fait attendre des bénévoles, parfois près d’une heure. D’habitude je prends le temps sans retarder personne. Mon classement est anecdotique.

Par ailleurs, comme manumds l’a très justement rappelé, je n’étais pas entraîné, aspect que tu as occulté. Si je l’avais été ça m’aurait peut-être évité la galère avec les barrières, et d’avoir à envisager de négocier qu’on me laisse continuer légèrement hors-délai.

Dans les 40 finishers, à ma connaissance il n’y a aucun vieux en mauvaise santé, donc parmi eux il fallait bien des derniers :clown:
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Re: CR U2B 2020

Messagede Hermagot le Mer 22 Juil 2020 16:24

Beau CR, Charles :chinois:
Ca donne envie de faire cette course qui a l'air sympa, avec un état d'esprit apparemment très familial.
Du coup, on va peut-être songer à se laisser tenter :mexicain: :pompom:
Bravo pour ton voyage, dûment accompli, du CP0 au CP10 :maitre:
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Re: CR U2B 2020

Messagede J2J le Mer 22 Juil 2020 23:06

amonere a écrit:Merci à tous! :smack:

Si je reviens Christophe, je saurai m’adapter à ce rallongement de parcours et à ce retour à la normale du cut-off. Pas sûr néanmoins que je sois des vôtres en 2021, au mois de juillet j’ai déjà 2 trails reportés de 2020.

Franck, certains voient les courses auxquelles ils participent uniquement comme des compétitions, moi je les vois comme un voyage. Et quand je voyage, je prends le temps. Je regrette juste d’avoir fait attendre des bénévoles, parfois près d’une heure. D’habitude je prends le temps sans retarder personne. Mon classement est anecdotique.

Par ailleurs, comme manumds l’a très justement rappelé, je n’étais pas entraîné, aspect que tu as occulté. Si je l’avais été ça m’aurait peut-être évité la galère avec les barrières, et d’avoir à envisager de négocier qu’on me laisse continuer légèrement hors-délai.

Dans les 40 finishers, à ma connaissance il n’y a aucun vieux en mauvaise santé, donc parmi eux il fallait bien des derniers :clown:

De toi Charles, je n'ai qu'un seul souvenir :
- J'étais un peu devant toi sur le tour de la flaque. Les conditions météo ne sont pas terribles et bien qu'étant en avance par rapport à l'édition précédence, je décide de stopper au ravitaillement à Genève. Je m'abrite donc sous la tente car la pluie est présente. Tu arrives, tu t'alimentes et tu repars. Il va tomber des cordes toute la nuit. Je rentre en voiture à Villeneuve. Si tu m'avais donné un bon coup de pied au cul, je serai peut-être reparti? Mais on ne refait pas le passé! :pleurer: :pleurer:
3 329,6 km, 311h05 en 2020 (15e/42) - 10,70 km/h
[ 3 030,2 km, 362h34 en 2019 (24e/47) - 8,36 km/h
C'est au pied du mur qu'on voit .... le pied du mur!!!!
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Re: CR U2B 2020

Messagede petit Franck le Jeu 23 Juil 2020 07:46

amonere a écrit:Franck, certains voient les courses auxquelles ils participent uniquement comme des compétitions, moi je les vois comme un voyage. Et quand je voyage, je prends le temps.


Et tu as bien raison. Tant mieux si tu as change d avis . Il me semblait que a une epoque tu disaiq que tu ne venais que pour les courses et pas les a cote de la course et que ce qui t interessait c etait arriver faire la course et repartir. Content qie tu aies cjange d avis

AuAu plaisir de te faire decouvrir mes montagnes si tu as envie de faire un voyagee dans les alpes charles alors :trinque: :smack:
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Re: CR U2B 2020

Messagede amonere le Jeu 23 Juil 2020 15:34

Hermagot a écrit:Beau CR, Charles :chinois:
Ca donne envie de faire cette course qui a l'air sympa, avec un état d'esprit apparemment très familial.
Du coup, on va peut-être songer à se laisser tenter :mexicain: :pompom:
Merci Christophe. Se laisser tenter, tu parles de toi? Il y a des précédents célèbres d’organisateurs ayant couru leur propre course, JB sur la MiL’KiL par exemple.
J2J a écrit:De toi Charles, je n'ai qu'un seul souvenir :
- J'étais un peu devant toi sur le tour de la flaque. Les conditions météo ne sont pas terribles et bien qu'étant en avance par rapport à l'édition précédence, je décide de stopper au ravitaillement à Genève. Je m'abrite donc sous la tente car la pluie est présente. Tu arrives, tu t'alimentes et tu repars. Il va tomber des cordes toute la nuit. Je rentre en voiture à Villeneuve. Si tu m'avais donné un bon coup de pied au cul, je serai peut-être reparti? Mais on ne refait pas le passé! :pleurer: :pleurer:
J’avais oublié dis donc! Ça me revient, je te revois sous cette tente. 2015... Je ne t’avais peut-être pas mis un coup de pied au cul, mais il me semble que je t’avais demandé si tu étais sûr de toi, en te disant que la forme allait peut-être revenir, mais tu étais catégorique, ta décision était prise, tu arrêtais.

Un autre souvenir marquant que j'ai de ce ravito de Genève, c'est sur la première édition de 2013 lorsque j'ai découvert 2 favoris qui s'y trouvaient, Stéphane Pélissier et Jean-Jacques Moros, qui attendaient là la navette assis sur un muret depuis plusieurs heures après avoir abandonné. Je ne savais pas qu'ils avaient arrêté, ça m'avait fait une drôle de surprise en arrivant au ravito.
petit Franck a écrit:Et tu as bien raison. Tant mieux si tu as change d avis . Il me semblait que a une epoque tu disaiq que tu ne venais que pour les courses et pas les a cote de la course et que ce qui t interessait c etait arriver faire la course et repartir. Content qie tu aies cjange d avis
Je n’ai jamais dit ça. Et même si je l’avais dit, je ne vois pas en quoi mon précédent commentaire permettrait de dire que j’ai changé d’avis sur les à-côtés de la course, puisque dans ce commentaire je ne parle pas du tout de ces à-côtés.
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Re: CR U2B 2020

Messagede Hermagot le Ven 24 Juil 2020 12:29

amonere a écrit:
Hermagot a écrit:Beau CR, Charles :chinois:
Ca donne envie de faire cette course qui a l'air sympa, avec un état d'esprit apparemment très familial.
Du coup, on va peut-être songer à se laisser tenter :mexicain: :pompom:

Merci Christophe. Se laisser tenter, tu parles de toi? Il y a des précédents célèbres d’organisateurs ayant couru leur propre course, JB sur la MiL’KiL par exemple.

Oui, c'est bien ce que je suggérais :wink:
Mais c'était en plaisantant. Je n'envisage pas de courir une course que j'organise ou à l'organisation de laquelle je participe de très près. J'ai déjà tenté ça. C'était sur l'unique 100km de Mécleuves, en 2015. La course n'a pas complètement foiré, mais... il y a comme un truc qui coince : impossible d'être à 100% dans la course, comme compétiteur, tant que le cerveau de l'organisateur n'est pas débranché. Or, un organisateur ne débranche jamais, qu'il le veuille ou non (c'est d'ailleurs le drame de ce départ en vacances... ce soir :clown: ).
Et puis, je ne voudrais pas non plus devenir un homme célèbre. Trop dangereux :mexicain: ( :clown: :clown: )
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Re: CR U2B 2020

Messagede petit Franck le Ven 24 Juil 2020 13:27

amonere a écrit:.
petit Franck a écrit:Et tu as bien raison. Tant mieux si tu as change d avis . Il me semblait que a une epoque tu disaiq que tu ne venais que pour les courses et pas les a cote de la course et que ce qui t interessait c etait arriver faire la course et repartir. Content qie tu aies cjange d avis
Je n’ai jamais dit ça. Et même si je l’avais dit, je ne vois pas en quoi mon précédent commentaire permettrait de dire que j’ai changé d’avis sur les à-côtés de la course, puisque dans ce commentaire je ne parle pas du tout de ces à-côtés.


Si tu l as dit
je suis sur de moi
c etait au trail des coursieres du lyonnais
tu venais de finit de manger et tu as dit que tu partais direct et que tu m abandonnais car tu devais faire 8 heures de route pour aller sur un autre trail le lendemain. C etait en mai 2015
Je t avais dit que c etait un peu dommage de partir illico apres avoir fini la course et tu m avais repondu que ce qui t interessait c etait jusre la course etque tu ne restais meme pas a la remise de prixcar ca ne t interessait pas ( je ne sais plus si tu avais fait un podium )

Mais objectivement j avais trouve ca dommage de venir de vendee jusque dans les alpes et faire uniquement l aller retour sans profiter un peu du secteur de l ambiance etc...

C juste un constat et en aucun cas un jugement :smack: j avais eu du mal a comprendre l interet de faire 8 heures aller et 8 heures retour de route pour enchainer deux corses le meme week end si c est pour etre oblige de devoir finir de manger pour etre a l heure au depart le lendemain

En fait il me semble que a l epoque ce qui t interessait c etait de faire la course et de repartir directement apres et je m etais permis de te dire que je trouvais ca dommage .
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Re: CR U2B 2020

Messagede Cloclo le Ven 24 Juil 2020 13:34

petit Franck a écrit:Si tu l as dit

Franck, t'as rien compris à la philosophie de Charles :clown:
Et moi, je comprends maintenant pourquoi le Spartathlon, ce n'est pas pour Charles :rigoler:
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Re: CR U2B 2020

Messagede amonere le Ven 24 Juil 2020 15:46

petit Franck a écrit:Si tu l as dit
je suis sur de moi...

En fait il me semble...
Tu me dis que finir 37ème sur 40 en flirtant avec les barrières horaires ce n’est pas terrible, je te réponds que quand je cours je prends le temps, et tu me parles de remise des prix et d’à-côtés, ça n’a rien à voir.
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Re: CR U2B 2020

Messagede petit Franck le Ven 24 Juil 2020 19:37

Charles tu es mon idole :maitre:
tu es ultramarathonien dans l ame :maitre: :maitre: :maitre:
Je laisse tomber tu as raison :maitre:
j adore ta facon de decortiquer chacune de mes phrases :maitre: :maitre: :maitre: :maitre:
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Re: CR U2B 2020

Messagede amonere le Ven 24 Juil 2020 21:19

petit Franck a écrit:tu as raison
C'est une forme de sagesse de savoir reconnaître ses torts, donc bravo à toi Franck :cartonV:
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